Atelier pratique : multiplication et plantation des plantes vivaces
Diviser une touffe, prélever une bouture ou semer permet de renouveler un massif à faible coût, à condition d’intervenir au bon stade. Cet atelier pratique vous guide de la multiplication des vivaces jusqu’à leur plantation et leur reprise au jardin.
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11 min de lecture
Jardinier divisant une touffe de vivace et replantant les éclats dans un massif paillé au jardin
Difficulté
débutant
Temps
1 à 2 heures pour diviser, planter et pailler une petite touffe ou un groupe de 3 à 6 éclats.
Budget
0 à 25 € si vous possédez déjà une vivace mère et les outils de base ; davantage seulement pour les contenants, le compost ou le paillage.
La multiplication des plantes vivaces est l’un des gestes les plus rentables du jardin : une touffe devenue large peut fournir plusieurs plants, capables de fleurir durablement après une bonne reprise. Encore faut-il reconnaître le bon moment et ne pas confondre une touffe à renouveler avec une plante simplement installée. Une division trop précoce, une plantation trop profonde ou un arrosage superficiel suffisent à compromettre l’opération.
Les vivaces ont l’avantage de revenir plusieurs années, mais elles ne sont pas toutes éternellement florifères. Certaines s’élargissent par la souche, d’autres émettent des tiges faciles à bouturer, tandis que le semis convient surtout aux espèces botaniques et aux jardiniers patients. En maîtrisant ces voies, vous composez un massif plus dense et plus résilient sans multiplier les achats.
Cet atelier à réaliser chez vous suit le cycle naturel des plantes : observer, choisir la méthode, préparer le terrain, multiplier puis accompagner la reprise. Il convient aussi bien à un bord de massif qu’à quelques pots sur un balcon, avec des ajustements de substrat et d’arrosage. Vous saurez surtout intervenir avec précision, sans épuiser la plante mère ni gaspiller l’eau.
Pourquoi multiplier et planter des plantes vivaces au jardin ?
Une vivace bien choisie structure le jardin par ses feuillages, ses floraisons successives et ses refuges pour les insectes. La multiplication permet de répéter une plante qui réussit déjà dans votre terre, donc adaptée à votre exposition et à votre régime d’arrosage. C’est souvent plus fiable que d’installer une nouveauté dont les besoins restent inconnus.
La division rajeunit les touffes qui se dégarnissent au centre, en particulier chez beaucoup d’asters, d’hémérocalles, de géraniums vivaces ou de rudbeckias. Le bouturage reproduit à l’identique une plante sélectionnée, notamment certaines sauges vivaces, népétas ou sédums. Le semis, lui, apporte davantage de diversité : les descendants peuvent présenter des variations de couleur, de hauteur ou de vigueur.
Des plantes durables, mais pas sans entretien
Le terme « vivace » indique que la plante vit plusieurs années ; il ne garantit ni une floraison perpétuelle ni une résistance identique à tous les sols. Une achillée installée au sec et au soleil ne demandera pas les mêmes attentions qu’une astilbe en terre fraîche. La bonne stratégie consiste à placer chaque vivace selon ses besoins, puis à multiplier celles qui prospèrent réellement chez vous.
15 à 25 cm
profondeur utile à ameublir avant plantation
2 à 5 cm
épaisseur efficace d’un paillage organique mûr
2 à 5 ans
intervalle courant avant division d’une touffe vigoureuse
Quand réussir la multiplication des plantes vivaces sans les affaiblir ?
Le début du printemps et le début de l’automne sont les deux périodes les plus sûres pour diviser et planter la majorité des vivaces rustiques. Le sol reste alors généralement humide, tandis que l’activité racinaire permet une reprise avant les extrêmes de chaleur ou de froid. Attendez toujours qu’il ne soit ni gelé ni gorgé d’eau, surtout en terrain argileux.
Technique
Période favorable
Exemples adaptés
Point de vigilance
Division
Printemps ou automne
Hémérocalle, géranium, aster
Éviter la pleine floraison
Bouture de tige
Fin printemps à été
Sauges, népétas, sédums
Prélever hors soleil fort
Bouture basale
Début de printemps
Phlox, delphinium, aster
Tige avec un peu de base
Semis
Fin hiver à printemps
Ancolie, digitale, achillée
Patience et humidité régulière
Plantation
Automne ou printemps
La plupart des vivaces
Sol souple, hors gel
Repères généraux : adaptez-les au cycle propre de chaque espèce et au climat de votre jardin.
La division d’une vivace à floraison printanière se pratique de préférence après sa floraison, afin de ne pas sacrifier le spectacle de la saison. Pour une vivace qui fleurit en été ou en automne, le printemps est souvent plus confortable. Les iris de jardin font exception parmi les cas fréquents : leurs rhizomes se divisent plutôt après la floraison, durant l’été, puis se replante à faible profondeur.
Division, bouturage ou semis : quelle méthode choisir selon la vivace ?
Diviser une souche sans casser les racines utiles
Arrosez la plante mère la veille si la terre est sèche, puis dégagez-la à la fourche-bêche, à une quinzaine de centimètres de la couronne. Secouez doucement l’excès de terre pour voir les départs de tiges et les racines. Séparez à la main quand c’est possible ; pour une souche compacte, utilisez une bêche propre et affûtée pour former des éclats comportant chacun des racines et au moins deux bourgeons.
Supprimez le cœur brun, creux ou peu vigoureux, qui fleurit rarement bien. Réduisez légèrement le feuillage seulement si vous avez beaucoup abîmé les racines ou si la météo s’annonce sèche ; ne rabattez pas brutalement une plante encore active. Replantez sans laisser les éclats se dessécher au soleil ou au vent.
Bouturer et semer avec des gestes simples
Pour une bouture herbacée, prélevez le matin une tige non fleurie de 5 à 8 cm, avec un outil propre. Retirez les feuilles de la moitié basse, puis installez cette partie dans un godet percé rempli d’un mélange léger, à parts voisines de terreau de semis et de matériau drainant. Placez à la lumière sans soleil direct et maintenez le substrat frais, jamais détrempé, jusqu’à l’apparition de nouvelles pousses.
Pour le semis, récoltez seulement des graines mûres et sèches, ou semez des graines achetées adaptées à l’espèce. Couvrez-les très peu si elles sont fines : une profondeur équivalente à une ou deux fois leur diamètre suffit en règle générale. Les jeunes semis sont fragiles face aux limaces et à la sécheresse ; cultivez-les d’abord en godets si le jardin est très exposé.
Comment planter les vivaces multipliées pour une reprise rapide ?
Une plantation réussie dépend moins d’un trou très profond que d’un sol ouvert autour des racines. Désherbez soigneusement, ameublissez sur 15 à 25 cm et retirez les grosses pierres ou les racines concurrentes. Dans une terre lourde, incorporez du compost mûr et une matière drainante ; dans un sol très sableux, ajoutez du compost pour retenir un peu mieux l’eau.
Plantation en six gestes fiables
Préparer l’emplacement
Choisissez l’exposition adaptée et ameublissez une zone plus large que le seul trou de plantation.
Mesurer l’espacement
Tenez compte de la largeur adulte annoncée ou observée, pas de la taille du jeune éclat.
Hydrater les racines
Trempez le godet ou la motte quelques minutes si elle est sèche, puis laissez égoutter.
Installer à la bonne hauteur
Placez le haut de la motte au niveau du sol fini ; seules les plantes à rhizome ont des règles particulières.
Refermer sans tasser fort
Ramenez une terre fine autour des racines et pressez juste assez pour supprimer les poches d’air.
Arroser et pailler
Arrosez lentement au pied, puis posez un paillage de 2 à 5 cm sans couvrir le collet.
Trouver la bonne distance entre les plants
Espacez les petites vivaces couvre-sol de 25 à 35 cm, les géraniums vivaces et népétas de 35 à 50 cm, puis les hémérocalles, échinacées ou grands rudbeckias de 50 à 70 cm selon leur cultivar. Pour une plantation plus couvrante, rapprochez légèrement les plants sans descendre sous environ les deux tiers de leur largeur adulte. Une circulation d’air correcte limite les feuillages constamment humides et facilite le désherbage des premières saisons.
Quels soins donner aux vivaces pendant leur première année ?
Après plantation, l’objectif est d’humidifier profondément la zone racinaire, puis de laisser la surface ressuyer légèrement. Arrosez au pied plutôt que sur le feuillage, de préférence le matin, et adaptez la quantité à la pluie, à la chaleur et à la nature du sol. Un arrosage copieux mais espacé est généralement plus utile qu’un petit apport quotidien qui ne mouille que les premiers centimètres.
Surveillez les nouvelles pousses : elles indiquent que les racines travaillent. Retirez les fleurs fanées lorsque cela prolonge naturellement la floraison, mais laissez quelques têtes porte-graines en fin de saison si elles nourrissent les oiseaux ou apportent une silhouette intéressante. Évitez de couper tout le jardin trop tôt : des tiges sèches peuvent protéger les souches et offrir un abri à la petite faune.
Balcon, petit jardin et terrains difficiles
En pot, choisissez un contenant percé d’au moins 25 à 30 cm de profondeur pour les vivaces compactes et plus grand pour les espèces vigoureuses. Le substrat sèche vite : paillez aussi la surface et contrôlez l’humidité sous les premiers centimètres. Divisez plus fréquemment les plantes en bac, car leurs racines occupent rapidement tout le volume disponible.
En sol argileux, plantez légèrement surélevé si l’eau stagne l’hiver et préférez les vivaces tolérantes à l’humidité hivernale. En terre sableuse, élargissez la zone enrichie de compost et paillez sans attendre les chaleurs. Dans un petit jardin, répétez trois à cinq plants d’une même vivace plutôt que d’accumuler les espèces isolées : l’effet est plus lisible et l’entretien plus simple.
Comment éviter les erreurs qui font échouer les vivaces ?
La première erreur est de planter au hasard dans une terre compacte, sèche en profondeur ou saturée d’eau. La deuxième consiste à enterrer le collet : cette zone de transition entre tiges et racines doit rester au niveau du sol, sous peine de pourrir chez les espèces sensibles. Enfin, rapprocher excessivement les jeunes plants donne un résultat immédiat, mais crée bientôt de la concurrence pour l’eau et la lumière.
Ne laissez jamais des éclats divisés plusieurs heures au soleil avant de les replanter.
N’installez pas une vivace de soleil brûlant à l’ombre en espérant compenser par plus d’eau.
Ne paillez pas contre le collet : gardez un anneau libre de quelques centimètres autour des tiges.
Ne brûlez pas les résidus végétaux ; compostez les parties saines ou utilisez-les en paillage grossier.
N’arrosez pas mécaniquement : vérifiez l’humidité du sol avant chaque apport.
Réussir votre multiplication des plantes vivaces, saison après saison
La réussite ne tient pas à une technique compliquée, mais à une succession de gestes cohérents : une plante mère saine, une période clémente, un sol préparé et un suivi attentif la première saison. Commencez par une seule espèce généreuse que vous connaissez bien, puis élargissez progressivement votre palette. Vous apprendrez ainsi quelles vivaces sont les plus adaptées à votre exposition et à votre terre.
La multiplication des plantes vivaces devient alors un rendez-vous régulier plutôt qu’une opération exceptionnelle. Elle renouvelle les massifs, limite les dépenses et vous permet de partager des plants autour de vous. En donnant aux racines l’espace, l’humidité et le temps nécessaires, vous installez un jardin durablement fleuri et plus autonome.
Votre plan d’action
Repérez une vivace saine, vigoureuse et assez âgée pour être divisée ou bouturée.
Choisissez une journée douce, sans gel, sans vent desséchant et hors période de sécheresse.
Préparez les futurs emplacements avant de prélever les nouveaux plants.
Conservez sur chaque éclat des racines actives et plusieurs bourgeons ou pousses.
Plantez au niveau du sol, arrosez lentement puis paillez sans couvrir le collet.
Suivez l’humidité durant la première saison et notez les plantes les plus faciles à reproduire.
Vos questions, nos réponses
Quelle est la période idéale pour diviser les plantes vivaces ?
Pour la plupart des vivaces, intervenez au début du printemps ou au début de l’automne, lorsque le sol est souple et que les températures restent modérées. Évitez les périodes de gel, de sécheresse et de pleine floraison. Les vivaces à floraison printanière se divisent souvent après leur floraison, tandis que beaucoup de floraisons estivales se divisent au printemps.
Faut-il arroser les vivaces juste après une division ?
Oui, arrosez généreusement juste après la replantation afin de mettre la terre en contact avec les racines. Ensuite, contrôlez l’humidité sous la surface plutôt que d’arroser systématiquement. Pendant les premières semaines, le sol doit rester frais autour de la motte, sans devenir boueux. Un paillage organique limite les besoins en eau.
Peut-on multiplier toutes les vivaces par division ?
Non. La division convient surtout aux plantes qui forment des touffes, des rosettes ou des rhizomes, comme les hémérocalles, géraniums vivaces et de nombreux asters. Les vivaces à racine pivotante profonde supportent souvent mal ce geste. Pour elles, le semis ou le bouturage, lorsqu’il est possible, constitue une meilleure solution.
À quelle distance planter les vivaces entre elles ?
Basez-vous sur leur largeur adulte. Comptez souvent 25 à 35 cm pour les petits couvre-sols, 35 à 50 cm pour des vivaces moyennes et 50 à 70 cm pour les plantes plus volumineuses. Rapprocher un peu les sujets accélère la couverture du sol, mais un massif trop serré manque d’air et réclame plus de divisions.
Comment savoir si une vivace doit être divisée ?
Une touffe mérite souvent d’être divisée lorsqu’elle se dégarnit au centre, fleurit moins, s’étale au-delà de l’espace prévu ou produit des pousses périphériques vigoureuses. Soulevez délicatement une petite partie de la souche pour vérifier la présence de racines saines. Ne divisez pas une plante récemment installée ou déjà affaiblie.
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