Jardinage : une méthode facile pour multiplier vos fraisiers
Un fraisier vigoureux peut donner de nouveaux plants sans achat grâce à ses stolons, à condition de choisir le bon moment et des pieds réellement sains. Apprenez à multiplier les fraisiers pas à pas, puis à les repiquer pour installer une fraiseraie durable.
Le pôle Potager Cultures potagères et calendrier de semis
11 min de lecture
Jeune stolon de fraisier enraciné dans un petit pot près du pied-mère dans un potager familial
Difficulté
débutant
Temps
30 à 45 min pour préparer et fixer 5 plantules, puis 4 à 6 semaines d’enracinement
Budget
0 à 20 € selon les pots, le substrat et le paillage déjà disponibles
Savoir multiplier les fraisiers permet de renouveler une rangée vieillissante, de garnir une jardinière ou d’offrir quelques plants sans passer par la case achat. Le fraisier produit naturellement de longues tiges rampantes, les stolons, qui portent de petites rosettes prêtes à former leurs propres racines. Cette faculté rend la multiplication très accessible, même si vous débutez. Encore faut-il ne pas prélever n’importe quelle plantule, ni la détacher trop tôt.
La bonne méthode consiste à faire enraciner une jeune rosette tout en la laissant reliée quelque temps à son pied-mère. Elle reçoit ainsi encore de l’eau et des réserves pendant qu’elle construit son système racinaire. Vous obtenez un plant identique au fraisier d’origine, avec ses qualités mais aussi, éventuellement, ses faiblesses. C’est pourquoi la sélection du pied-mère est l’étape qui décide réellement de la réussite.
La fin de récolte et la seconde partie de l’été sont souvent les périodes les plus pratiques : le sol est chaud et les jeunes plants ont le temps de s’installer avant le froid. Une multiplication de printemps reste possible, surtout pour combler un espace, mais elle demande une surveillance plus régulière de l’arrosage et peut concurrencer la production. Voici comment choisir, enraciner et planter vos futurs fraisiers avec des gestes simples et durables.
Pourquoi les stolons permettent-ils de multiplier les fraisiers facilement ?
Un stolon est une tige fine qui part du cœur du fraisier et court sur le sol ou dans le vide au bord d’un pot. À ses nœuds apparaissent des rosettes de feuilles miniatures, appelées plantules. Lorsqu’une plantule touche un substrat humide et aéré, elle émet des racines ; le stolon devient alors un pont nourricier temporaire entre l’ancien et le nouveau plant. Cette multiplication végétative est bien plus rapide que le semis pour les fraisiers de jardin courants.
Cette facilité ne dispense pas d’un tri. Un plant issu de stolon est un clone : il conserve le goût, la précocité et le port du pied-mère, mais il peut aussi reproduire sa sensibilité aux maladies ou sa faible vigueur. Prélevez donc sur un fraisier qui a bien fructifié, dont le feuillage est dense et vert, et qui ne montre ni taches étendues, ni déformations, ni dessèchement inexpliqué. Évitez les pieds installés depuis trop longtemps : une plantation renouvelée régulièrement reste généralement plus homogène et productive.
Quand multiplier les fraisiers pour assurer un bon enracinement ?
Le meilleur créneau commence lorsque la grosse vague de fruits est terminée et que les stolons se développent franchement. Dans beaucoup de jardins, cela correspond à l’été, puis au début de l’automne pour la plantation définitive. Le sol encore chaud accélère l’émission de racines, tandis que des températures moins brûlantes limitent le stress des jeunes feuilles. Dans les régions à hivers précoces, avancez l’opération afin que les plants soient installés plusieurs semaines avant les fortes gelées.
Les fraisiers non remontants émettent souvent beaucoup de stolons après leur récolte principale. Les remontants peuvent en produire à différentes périodes, mais laissez-les d’abord finir une vague de fruits avant de leur demander de nourrir des plantules. Une période douce, sans canicule et sans pluie continue, est idéale pour repiquer des stolons de fraisiers. Si le temps est sec, l’arrosage régulier compense ; si le sol est détrempé, attendez qu’il ressuyé pour éviter l’asphyxie des racines.
Période
Geste prioritaire
Point de vigilance
Fin de printemps
Repérer les pieds-mères sains
Ne prélevez pas sur un plant faible
Début d’été
Guider les premières plantules
Maintenez le substrat légèrement humide
Juillet à août
Faire enraciner en pot ou au sol
Protégez du soleil brûlant
Fin d’été
Séparer et planter à demeure
Arrosez après la plantation
Début d’automne
Pailler les nouveaux pieds
Laissez le cœur dégagé
Calendrier indicatif à ajuster à la précocité de votre climat et de vos fraisiers.
Comment multiplier les fraisiers par stolons, étape par étape ?
La technique la plus fiable consiste à enraciner la plantule dans un petit pot placé près du pied-mère. Vous maîtrisez ainsi la qualité du substrat, vous évitez que les racines s’emmêlent aux mauvaises herbes et vous déplacez ensuite le jeune plant sans casser sa motte. Prévoyez des pots percés de 8 à 10 cm de diamètre, remplis d’un mélange de deux tiers de terreau de plantation sans tourbe et d’un tiers de compost mûr tamisé. Le mélange doit retenir l’humidité tout en restant léger.
Enraciner un stolon sans le fragiliser
Choisissez le bon pied-mère
Sélectionnez un fraisier vigoureux, bien feuillé, productif et sans symptôme suspect. Préférez un plant installé depuis une ou deux saisons.
Repérez une jeune plantule
Gardez de préférence la première ou la deuxième rosette située après le pied-mère. Elle est souvent plus robuste que les plantules éloignées au bout d’un long stolon.
Placez un pot sous la rosette
Posez le pot rempli de substrat juste sous la plantule, sans tirer sur le stolon. Arrosez le mélange pour qu’il soit humide jusqu’au fond, mais non boueux.
Fixez sans enterrer le cœur
Appliquez la base de la plantule sur le substrat avec une agrafe en fil plié, un cavalier ou un petit caillou. Les futures racines doivent toucher la terre ; le cœur, lui, reste au-dessus.
Entretenez pendant l’enracinement
Arrosez dès que les deux premiers centimètres de substrat sèchent. Gardez le pot en lumière vive, avec une ombre légère aux heures les plus chaudes.
Séparez puis replantez
Après quatre à six semaines, soulevez doucement le pot : si la motte tient grâce aux racines, coupez le stolon avec des ciseaux propres à quelques centimètres de la plantule et plantez.
Quels stolons choisir pour obtenir des plants de fraisiers sains ?
Le premier plant n’est pas toujours à garder, mais il est souvent le plus vigoureux
Sur un même stolon, les premières rosettes reçoivent généralement davantage de ressources que les suivantes. Retenez-les si leurs feuilles sont bien formées, sans marbrures ni bords brunis, et si leur centre est compact. Une plantule dotée de deux à quatre belles feuilles est plus simple à fixer et à surveiller qu’une rosette minuscule. Éliminez les stolons trop fins, desséchés, cassés ou portés par un pied qui a peu poussé.
Ne propagez pas un problème déjà installé
Un feuillage très taché, couvert d’un feutrage blanc, déformé ou anormalement jaune doit vous faire renoncer à la multiplication de ce pied. Retirez les feuilles mortes et les fruits abîmés au fur et à mesure, puis aérez la plantation en gardant les espacements recommandés. N’essayez pas de compenser une plante malade par des traitements agressifs : partir d’un pied sain est de loin la solution la plus durable. Si plusieurs pieds dépérissent, renouvelez plutôt la zone avec des plants sains et changez l’emplacement de culture si vous le pouvez.
À garder : feuilles vertes, cœur ferme, stolon souple et plant-mère généreux.
À écarter : rosette rabougrie, feuilles très tachées ou stolon qui noircit.
À nettoyer : ciseaux ou sécateur avant de passer d’un plant à l’autre.
À limiter : les stolons en surnombre, qui fatiguent inutilement le pied-mère.
Planter les fraisiers multipliés : distances, arrosage et paillage
Choisissez un emplacement lumineux, avec au moins une bonne demi-journée de soleil, dans une terre souple, fertile et drainante. Ameublissez sur 20 cm sans retourner profondément les couches du sol, retirez les racines de vivaces indésirables et incorporez une fine couche de compost mûr. Placez chaque fraisier à 30 à 35 cm de son voisin, avec 40 à 50 cm entre deux rangs si vous cultivez en pleine terre. Cet espace réduit la concurrence, favorise le séchage du feuillage et facilite la cueillette.
Le point le plus important est la hauteur de plantation. Le cœur, cette petite couronne d’où partent les feuilles, doit rester au niveau exact du sol : enterré, il risque de pourrir ; placé trop haut, les racines se dessèchent. Tassez doucement autour de la motte et arrosez lentement, environ un demi-litre à un litre par plant selon la sécheresse du sol. Pendant les deux premières semaines, maintenez une humidité régulière sans excès, puis espacez progressivement lorsque la reprise est visible.
30 à 35 cm
d’espace à laisser entre deux fraisiers
4 à 6 semaines
pour obtenir une motte généralement assez enracinée
3 à 5 cm
d’épaisseur de paillage autour des plants
Comment multiplier des fraisiers en pot, petit jardin ou sol difficile ?
En balcon, la méthode en pot est particulièrement pratique : posez un godet sous chaque rosette, ou installez un petit pot voisin à la même hauteur que la jardinière. Prévoyez un contenant définitif profond d’au moins 20 cm, percé au fond, et comptez un fraisier pour 3 à 5 litres de substrat. Les pots sèchent vite : vérifiez-les tous les jours en période chaude, sans laisser d’eau dans une soucoupe. En hiver froid, isolez les contenants du sol et du vent avec une protection respirante plutôt que de les enfermer.
Enracinement en pot ou directement au sol
En petit pot
Motte facile à déplacer et à planter
Substrat propre et drainant maîtrisé
Contrôle simple de l’humidité
Idéal pour balcon et jardinière
Demande une vérification fréquente du dessèchement
Directement au sol
Moins de matériel à prévoir
Racines libres dans une terre légère
Convient à une rangée déjà préparée
Risque d’enracinement parmi les herbes
Déplacement plus délicat sans casser les racines
En sol argileux, plantez légèrement surélevé dans une petite butte et améliorez la structure avec du compost mûr et du paillage, sans ajouter une grande quantité de sable fin qui peut tasser le mélange. En terre sableuse, apportez davantage de matière organique et paillez généreusement pour ralentir l’évaporation. Sous climat méditerranéen, une ombre légère en fin d’après-midi et un arrosage au pied sont précieux lors de l’enracinement. En climat océanique humide, espacez bien les plants et retirez les feuilles abîmées afin que le feuillage sèche rapidement après la pluie.
Si votre variété produit très peu de stolons, n’insistez pas : certains fraisiers sont naturellement peu coureurs. Le semis peut alors avoir un intérêt pour des fraisiers des bois ou des variétés explicitement prévues pour cela, mais les descendants ne reproduisent pas toujours fidèlement un fraisier hybride. La division d’une touffe est possible sur certains plants bien formés, mais elle est plus traumatisante et moins régulière que le stolon. Pour la plupart des fraisiers de jardin, le stolon enraciné avant séparation reste la méthode la plus simple.
Votre plan d’action pour multiplier les fraisiers durablement
Pour multiplier les fraisiers sans affaiblir votre culture, raisonnez comme si vous prépariez la future génération de votre fraiseraie. Observez d’abord les meilleurs pieds pendant la récolte, puis guidez seulement quelques rosettes dans des godets humides et attendez un enracinement réel avant toute séparation. Installez ensuite les nouveaux plants dans un sol préparé, à bonne distance, avec un paillage qui préserve l’eau. Cette routine simple vous donne des plants plus vigoureux et vous évite de renouveler toute la plantation en une seule fois.
Votre plan d’action
Repérez un ou plusieurs pieds-mères sains et productifs.
Préparez des godets percés de 8 à 10 cm avec un substrat léger.
Fixez une première ou deuxième plantule sur le substrat sans enterrer son cœur.
Arrosez modérément pendant quatre à six semaines, en gardant le stolon relié.
Coupez le stolon seulement lorsque la motte est solidement racinée.
Replantez à 30 à 35 cm d’écart, arrosez puis paillez autour des jeunes pieds.
Vos questions, nos réponses
Peut-on couper un stolon de fraisier avant qu’il ait des racines ?
Il vaut mieux éviter. Une jeune rosette sans racines fonctionnelles dépend encore du pied-mère pour son eau et ses réserves. Fixez-la sur un substrat humide, laissez le stolon en place et attendez que la motte tienne lorsque vous soulevez légèrement le godet. Ce délai prend couramment quatre à six semaines, selon la chaleur et l’humidité.
Quelle est la meilleure période pour repiquer des stolons de fraisiers ?
La fin de l’été est souvent idéale, car le sol reste chaud et les jeunes plants peuvent s’enraciner avant l’hiver. Le printemps convient aussi, à condition d’arroser régulièrement et de ne pas laisser les nouvelles plantations sécher. Évitez surtout les périodes de canicule, de gel ou de sol gorgé d’eau.
Les fraisiers remontants font-ils des stolons ?
Oui, certains fraisiers remontants produisent des stolons, mais leur quantité varie beaucoup selon les variétés et les conditions de culture. Comme ils peuvent porter des fleurs, des fruits et des stolons simultanément, limitez les plantules prélevées pour ne pas épuiser le pied-mère. Si votre fraisier n’en émet presque pas, ce peut être son comportement naturel.
Combien de nouveaux plants peut-on prélever sur un fraisier ?
Pour préserver la vigueur du pied-mère, gardez généralement un à trois jeunes plants bien formés sur un fraisier sain. Un plant très robuste peut porter davantage de stolons, mais tout conserver réduit les ressources disponibles pour ses feuilles, ses racines et ses fruits. Mieux vaut sélectionner peu de rosettes, bien enracinées, que multiplier tous les départs.
Pourquoi mes stolons de fraisiers ne s’enracinent-ils pas ?
La plantule peut manquer de contact avec le substrat, sécher entre deux arrosages ou être enterrée trop profondément. Fixez sa base contre une terre légère et humide, sans recouvrir le cœur, puis placez-la à l’abri du soleil brûlant. Un sol compact, constamment détrempé ou un pied-mère affaibli ralentissent également l’émission de racines.
Faut-il enlever les fleurs des nouveaux fraisiers ?
Sur un plant repiqué tardivement ou encore petit, retirer les premières fleurs peut l’aider à concentrer son énergie sur les racines et les feuilles. Ce geste est surtout utile si la motte est modeste ou si la plantation subit un épisode sec. Sur un plant déjà bien installé et vigoureux, ce n’est pas indispensable.
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