Jardiner à l’anglaise : les incontournables à retenir
Jardiner à l’anglaise ne consiste pas à laisser les fleurs pousser au hasard : ce style repose sur une composition dense, souple et très construite. Découvrez comment dessiner des massifs généreux, associer les plantes et conserver un jardin vivant sans en faire une corvée.
Le pôle Fleurs & Massifs Plantes d'ornement, vivaces et bulbes
12 min de lecture
Massif de jardin à l’anglaise aux vivaces roses et bleues, rosiers et graminées le long d’une allée courbe
Difficulté
intermédiaire
Temps
Une demi-journée à une journée pour préparer et planter 6 m², hors temps d’observation et d’arrosage initial.
Budget
60 à 180 € pour créer un massif de 6 m², selon le nombre de plants, le paillage et les matériaux de bordure.
Vous rêvez de bordures débordantes de vivaces, de roses mêlées aux graminées et de floraisons qui se répondent d’un bout à l’autre du jardin ? Jardiner à l’anglaise permet précisément d’obtenir cette impression d’abondance, sans imposer un jardin compliqué ni un alignement rigide. Le résultat paraît spontané, mais il repose sur des choix de volumes, de répétitions et de saisons très réfléchis. C’est un jardin qui accueille le mouvement, les imperfections légères et la vie du sol.
Le piège serait de confondre ce style avec un jardin laissé à l’abandon. Un massif à l’anglaise est dense mais lisible, foisonnant mais accessible pour le désherbage, et fleuri sans dépendre exclusivement de plantes fragiles. Les feuillages y comptent autant que les fleurs : ils donnent du relief lorsque les floraisons marquent une pause.
Cette méthode s’adapte aussi bien à une grande plate-bande qu’à un petit jardin de ville ou à une terrasse. Vous apprendrez à composer un décor durable, à choisir les bonnes hauteurs et à intervenir au bon moment. L’objectif n’est pas de reproduire une image figée, mais de créer un jardin généreux et cohérent, adapté à votre sol et au temps que vous souhaitez lui consacrer.
Pourquoi jardiner à l’anglaise donne-t-il un jardin si vivant ?
Le jardin à l’anglaise repose sur le principe du mixed border, une bordure où vivaces, bulbes, annuelles ponctuelles, arbustes et graminées cohabitent. Au lieu de séparer strictement les catégories de plantes, vous les superposez selon leur hauteur et leur période d’intérêt. Les silhouettes verticales des digitales ou des delphiniums émergent ainsi d’un tapis de géraniums vivaces, tandis que des arbustes assurent le décor en arrière-plan.
L’abondance vient moins du nombre d’espèces que de leur répétition. Reprenez la même vivace à plusieurs endroits du massif, par groupes de trois, cinq ou sept, afin que le regard la retrouve naturellement. Associez des formes opposées : épis de sauges avec ombelles d’achillées, grosses fleurs rondes avec feuillage fin, port souple des graminées avec buissons plus denses. Cette alternance évite l’effet catalogue.
Une structure stable avant les fleurs
Avant de choisir les couleurs, installez un squelette végétal. Des persistants sobres, tels que fusains, pittosporums adaptés au climat ou petits conifères bien choisis, peuvent ponctuer le fond du massif ; des rosiers arbustifs, viornes ou seringats apportent ensuite volume et saisonnalité. Prévoyez un chemin, une bordure nette ou une pelouse qui encadre la profusion : la limite soignée rend le foisonnement volontaire, jamais négligé.
Un massif libre se dessine d’abord par ses masses ; les fleurs n’en sont que la saison la plus visible.
Règle du maraîcher
Comment dessiner un massif à l’anglaise sans surcharger l’espace ?
Dessinez d’abord la forme du massif au tuyau d’arrosage ou avec une corde posée au sol. Les courbes larges sont plus faciles à entretenir et plus naturelles qu’une succession de petits zigzags. Une bordure visible depuis un seul côté gagne à mesurer 1,20 à 1,80 m de profondeur ; vue des deux côtés, elle peut atteindre 2 à 3 m. En dessous de 80 cm, limitez-vous à deux strates de végétaux pour ne pas créer une masse confuse.
Placez les plantes les plus hautes au fond si le massif est adossé à une clôture, ou au centre s’il est visible de tous côtés. Devant elles, installez les vivaces de hauteur moyenne ; en lisière, choisissez des plantes basses qui débordent légèrement sur le chemin. Gardez au moins 40 cm de passage libre entre le massif et une allée étroite : vous pourrez tailler, désherber et observer vos plantes sans les piétiner.
Deux lectures du même espace
Massif à l’anglaise réussi
Forme ample et bordure clairement dessinée
Plantes réunies en masses répétées
Trois hauteurs facilement identifiables
Feuillages présents entre deux floraisons
Floraisons étalées du printemps à l’automne
Massif qui paraît confus
Petites courbes anguleuses et difficiles à tondre
Une plante différente à chaque emplacement
Toutes les plantes à la même hauteur
Sol nu dès qu’une fleur fane
Pic de fleurs bref, puis décor vide
Zone du massif
Hauteur visée
Rôle
Exemples adaptés
Fond ou centre
1 à 1,80 m
Créer le volume
Rosier arbustif, delphinium, miscanthus
Milieu
50 à 90 cm
Assurer la masse fleurie
Sauges, asters, phlox, échinacées
Premier plan
20 à 45 cm
Adoucir la lisière
Géranium vivace, alchémille, népéta
Entre les vivaces
variable
Prolonger les saisons
Bulbes de printemps, annuelles sobres
Points fixes
40 cm à 1 m
Garder un décor hivernal
Graminées, persistants compacts
Répartissez les hauteurs sans les ranger en lignes parfaitement parallèles.
Quelles plantes choisir pour jardiner à l’anglaise longtemps ?
Choisissez d’abord des plantes adaptées à l’exposition et au sol, puis composez votre palette de couleurs. Pour un rendu doux, associez blanc, rose, bleu et mauve, relevés par quelques touches d’abricot ou de jaune pâle. Pour une composition plus énergique, ajoutez des rouges sombres et des oranges, mais répétez chaque teinte à au moins deux endroits. Les feuillages gris, pourpres ou chartreux permettent de lier les floraisons sans ajouter de nouvelles couleurs.
Bâtir une succession de floraisons
Au printemps, les narcisses, tulipes botaniques, alliums et ancolies lancent le massif avant que les vivaces ne prennent leur ampleur. En été, géraniums vivaces, sauges, roses remontantes, népétas, achillées et hémérocalles assurent la continuité. Les asters, anémones du Japon, sédums et graminées prennent le relais en fin de saison. Cette relève organisée évite de dépendre d’une seule période spectaculaire.
Au soleil sec : sauges vivaces, achillées, gauras, lavandes, nepétas, stipas et rosiers peu exigeants.
Au soleil en sol frais : phlox, hémérocalles, astrances, delphiniums, géraniums vivaces et rosiers.
À mi-ombre : digitales, astrances, anémones du Japon, fougères, épimédiums et hostas.
En sol argileux : asters, hémérocalles, géraniums vivaces, persicaires et rosiers vigoureux.
En sol léger et drainant : lavandes, sauges, achillées, gauras et graminées résistantes à la sécheresse.
3 strates
haute, moyenne et basse pour rendre le massif lisible
30 à 50 cm
d’écartement habituel entre vivaces basses et moyennes
5 à 7 cm
d’épaisseur de paillage organique après la plantation
Comment planter un jardin à l’anglaise pour qu’il se ferme vite ?
La meilleure période de plantation est l’automne en sol encore tiède, hors gel et hors sol détrempé : les racines s’installent avant les chaleurs. Le printemps convient très bien dans les régions aux hivers froids ou pour compléter un massif, à condition d’arroser régulièrement ensuite. Préparez un sol souple sur environ 20 cm, sans retourner profondément les couches du terrain. Incorporez du compost mûr à raison de 3 à 5 litres par mètre carré, davantage n’est pas nécessaire pour la plupart des vivaces.
Planter une bordure durable
Dessinez et observez
Marquez les contours, observez l’ensoleillement pendant une journée et repérez les zones où l’eau stagne après la pluie.
Préparez sans bouleverser
Désherbez soigneusement, aérez la terre sur 20 cm et mêlez 3 à 5 litres de compost mûr par mètre carré dans les premiers centimètres.
Posez les pots à sec
Répartissez les plantes encore en godet, en reculant de quelques pas. Répétez les mêmes variétés par taches plutôt qu’en ligne.
Respectez la largeur adulte
Comptez 30 à 40 cm pour les petites vivaces, 45 à 60 cm pour les moyennes et 70 cm ou plus pour les grandes touffes et les arbustes.
Plantez au bon niveau
Trempez les mottes quelques minutes, ouvrez un trou environ deux fois plus large que la motte et laissez le collet au niveau du sol.
Arrosez et paillez
Arrosez chaque plante avec 5 à 10 litres selon sa taille, tassez doucement puis étalez 5 à 7 cm de paillage sans toucher les tiges.
Quel entretien garde le massif fleuri sans le rendre exigeant ?
La première année, surveillez surtout l’eau et la concurrence des herbes indésirables. En l’absence de pluie durable, vérifiez le sol sous le paillage : s’il est sec sur 5 cm, arrosez lentement au pied plutôt que de mouiller le feuillage. Un apport copieux mais espacé favorise des racines profondes ; des arrosages quotidiens superficiels entretiennent au contraire une dépendance à l’eau. Dès la deuxième ou troisième saison, les plantes adaptées à votre terrain demanderont beaucoup moins d’interventions.
Tailler au rythme des plantes, pas au rythme du calendrier
Supprimez les fleurs fanées des rosiers remontants, des sauges et des népétas pour encourager une nouvelle vague de boutons. Après une première floraison, rabattre certaines vivaces fatiguées d’un tiers peut leur redonner une silhouette propre. En hiver, gardez les tiges sèches saines des graminées, sedums et asters : elles protègent les souches, structurent le jardin et servent d’abri. Coupez-les juste avant la reprise, lorsque les nouvelles pousses deviennent visibles.
Moment
Geste utile
À éviter
Fin d’hiver
Couper les tiges sèches, diviser les touffes âgées
Raser les jeunes pousses déjà sorties
Printemps
Compléter le paillage, désherber à la main
Bêcher profondément entre les vivaces
Début d’été
Ôter les fleurs fanées, tuteurer discrètement
Arroser un peu chaque jour
Fin d’été
Observer les trous à combler et les plantes trop grandes
Fertiliser abondamment sans besoin
Automne
Planter, déplacer et enrichir légèrement
Laisser le sol nu tout l’hiver
Adaptez toujours ces gestes à la météo locale et au cycle réel de vos plantes.
Comment adapter le jardin à l’anglaise à un balcon, au sol et au climat ?
Sur un balcon, reprenez le principe des strates dans de grands contenants plutôt que de chercher à imiter un massif au centimètre près. Une jardinière de 80 cm de long et 35 à 45 cm de profondeur peut accueillir une graminée légère, deux vivaces de volume et deux plantes retombantes, à condition d’être percée. Utilisez un terreau de qualité enrichi de compost mûr, placez les pots sur cales et arrosez dès que le substrat sèche sur 3 cm. En pot, les divisions et le renouvellement d’une partie du substrat tous les deux ou trois ans maintiennent les plantes vigoureuses.
En sol argileux, ne mélangez pas du sable seul à la terre : le résultat peut se compacter fortement. Préférez du compost, des feuilles broyées et, si l’eau stagne, une plantation sur une butte de 10 à 15 cm pour les espèces sensibles à l’humidité hivernale. En sol sableux, augmentez progressivement la part de matière organique et paillez généreusement ; le défi est alors de retenir l’eau et les nutriments, non de drainer davantage.
En climat méditerranéen, plantez surtout en automne et privilégiez les vivaces sobres en eau, les graminées et les arbustes tolérant les étés secs ; conservez l’esprit anglais par les volumes et les répétitions plutôt que par des plantes gourmandes en eau. En climat océanique, les roses, géraniums vivaces et grandes vivaces trouvent souvent de bonnes conditions, à condition de prévenir l’excès d’humidité par une bonne circulation de l’air. En climat continental, protégez les jeunes plantations avec un paillage hivernal et attendez la fin des fortes gelées pour nettoyer complètement le massif.
Jardiner à l’anglaise : votre plan d’action dès maintenant
Pour réussir, ne cherchez pas à remplir toute la surface en une journée. Commencez par une bordure de 3 à 6 m², choisissez une palette limitée, puis observez-la pendant une saison complète. Vous verrez quelles plantes prospèrent, lesquelles doivent être déplacées et où manque une floraison ou un feuillage. C’est ainsi que jardiner à l’anglaise devient un travail d’ajustement plaisant plutôt qu’une plantation figée.
Conservez les étiquettes jusqu’à connaître les plantes, notez les périodes de floraison et prenez une photo du massif une fois par mois. Ces observations simples vous aideront à intervenir avec justesse, sans multiplier les achats ni les arrosages. Un jardin abondant est d’abord un jardin dont les plantes sont à leur bonne place.
Votre plan d’action
Délimitez une bordure aux courbes simples et prévoyez un accès pour l’entretien.
Choisissez trois niveaux de hauteur et une palette de couleurs limitée.
Installez d’abord les arbustes, rosiers ou graminées qui formeront la structure.
Répétez les vivaces par groupes, en respectant leur largeur adulte.
Arrosez profondément la première saison et maintenez un paillage de 5 à 7 cm.
Laissez les tiges sèches saines en hiver, puis ajustez le massif au printemps.
Vos questions, nos réponses
Quelle est la différence entre un jardin à l’anglaise et un jardin sauvage ?
Le jardin à l’anglaise donne une impression de liberté, mais sa composition reste très maîtrisée. Les plantes y sont choisies, regroupées, répétées et entretenues pour assurer des floraisons successives. Un jardin sauvage privilégie davantage la végétation spontanée et l’évolution naturelle du terrain. Dans les deux cas, vous pouvez favoriser la biodiversité, mais le massif anglais conserve des bordures et une structure nettement dessinées.
Quelles plantes faciles choisir pour un premier massif à l’anglaise ?
Pour une exposition ensoleillée ordinaire, commencez avec des géraniums vivaces, népétas, sauges vivaces, achillées, asters et une ou deux graminées. Ajoutez un rosier arbustif ou un petit arbuste pour donner du volume. Choisissez surtout des plantes adaptées à votre sol plutôt que des végétaux vus dans un autre climat. Répétez chaque vivace en plusieurs exemplaires pour obtenir un effet plus naturel et plus fourni.
À quelle période planter un jardin à l’anglaise ?
L’automne est généralement la période la plus confortable pour installer vivaces, arbustes et rosiers, car le sol demeure chaud et les pluies facilitent l’enracinement. Évitez les périodes de gel et les terrains gorgés d’eau. Le printemps fonctionne aussi très bien, surtout là où les hivers sont froids, mais demande un suivi d’arrosage plus attentif pendant le premier été.
Comment éviter qu’un massif à l’anglaise devienne envahissant ?
Prévoyez des bordures nettes, installez des plantes à leur espacement adulte et divisez les touffes les plus vigoureuses tous les trois à cinq ans. Retirez les semis spontanés qui apparaissent hors de la zone souhaitée, tout en gardant ceux qui améliorent vraiment la composition. Une palette limitée facilite beaucoup cette gestion. Laissez aussi un passage pour atteindre le fond du massif sans écraser les plantes.
Peut-on créer un jardin à l’anglaise en plein soleil et avec peu d’arrosage ?
Oui, à condition d’adapter les plantes et de ne pas rechercher un décor de sol frais dans un climat sec. Préférez achillées, sauges, lavandes, gauras, graminées et rosiers adaptés à la sécheresse. Plantez en automne, enrichissez le sol avec du compost mûr, paillez généreusement et arrosez profondément durant l’installation. Vous conserverez les volumes souples du style anglais avec des végétaux réellement sobres en eau.
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