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Les maladies de l’olivier : les reconnaître et agir

Taches circulaires, feuillage noir, rameaux qui brunissent ou verrues sur le bois : l’olivier signale souvent ses difficultés assez tôt. Apprenez à distinguer les maladies de l’olivier des simples stress, à intervenir sans excès et à prévenir les récidives durablement.

12 min de lecture
Feuilles d’olivier montrant des taches circulaires d’œil de paon dans un jardin méditerranéen lumineux
Feuilles d’olivier montrant des taches circulaires d’œil de paon dans un jardin méditerranéen lumineux
Difficulté
intermédiaire
Temps
30 à 60 minutes pour le diagnostic et les premiers gestes ; suivi mensuel de 10 minutes.
Budget
0 à 50 € selon le matériel de taille, le paillage et l’éventuel rempotage.
Saison
printemps, automne, hiver
Sommaire de l'article 7 sections
  1. Comment reconnaître les maladies de l’olivier avant d’intervenir ?
  2. Œil de paon et cercosporiose : limiter les taches sur les feuilles d’olivier
  3. L’œil de paon, la maladie foliaire la plus fréquente
  4. La cercosporiose, plus discrète mais à surveiller
  5. Fumagine sur l’olivier : traiter les cochenilles avant le noir des feuilles
  6. Verticilliose et pourridié de l’olivier : réagir face aux maladies des racines
  7. Verticilliose : un dessèchement brutal venu du sol
  8. Pourridié : reconnaître l’armillaire sans attendre
  9. Chancre et galle de l’olivier : assainir le bois sans mutiler l’arbre
  10. Prévenir les maladies de l’olivier selon votre sol et votre climat
  11. Maladies de l’olivier : votre plan d’action pour un arbre durablement sain

Robuste, sobre et capable de vivre très longtemps, l’olivier n’est pas pour autant invulnérable. Les maladies de l’olivier apparaissent surtout lorsque l’humidité stagne, que la terre reste compacte ou que la ramure manque d’air. Une feuille tachée ne signe pas toujours une maladie grave : froid, soif ponctuelle, vent desséchant ou renouvellement naturel du feuillage peuvent aussi modifier son aspect. L’enjeu consiste donc à observer avant de traiter, car une intervention mal ciblée affaiblit parfois davantage l’arbre que le problème initial.

Les alertes les plus sérieuses concernent les racines et le bois : verticilliose, pourridié et bactériose exigent une réaction rapide et lucide. À l’inverse, la fumagine ou certaines taches foliaires se maîtrisent souvent en corrigeant l’arrosage, la taille et la présence de ravageurs. Ce guide vous aide à relier chaque symptôme à sa cause probable, à savoir ce qui peut être sauvé et à éviter les gestes inutiles. Vous protégerez ainsi l’arbre, mais aussi le sol vivant qui conditionne sa santé à long terme.

Comment reconnaître les maladies de l’olivier avant d’intervenir ?

Examinez l’arbre de près, puis prenez quelques pas de recul. Regardez le dessus et le revers des feuilles, l’extrémité des rameaux, les embranchements et le collet, cette zone située à la jonction du tronc et du sol. Une atteinte localisée sur quelques feuilles anciennes est rarement alarmante ; une chute massive, des rameaux qui sèchent d’un seul côté ou un dépérissement rapide imposent en revanche une inspection méthodique. Cherchez aussi les causes physiques : soucoupe pleine sous un pot, paillage collé au tronc, terre tassée, blessure de gel ou taille récente.

Ne confondez pas une maladie avec le renouvellement normal du feuillage. Les feuilles d’olivier vivent plusieurs années et les plus âgées jaunissent puis tombent graduellement, souvent dans la partie interne de la ramure. En revanche, des taches dessinées et répétées, un noir collant, des galles sur le bois ou un flétrissement brutal d’une branche ne relèvent pas de ce cycle. Photographier le symptôme et noter sa position, sa progression et la météo des semaines précédentes aide à poser un diagnostic beaucoup plus juste.

10 à 20 °C
plage fraîche et humide très favorable aux taches foliaires fongiques
10 cm
distance minimale à laisser entre le paillage et le collet
10 ans ou plus
persistance possible du verticillium dans un sol contaminé
Symptôme dominantCause probablePremier geste utile
Taches rondes à halo jauneŒil de paonRamasser les feuilles, aérer
Dépôt noir collantFumagine et insectesRepérer cochenilles ou pucerons
Revers grisâtre, jaunissementCercosporioseÉclaircir et limiter l’humidité
Galles rugueuses sur rameauxChancre bactérienCouper sous la zone atteinte
Branche qui sèche brutalementVerticilliose possibleIsoler les déchets, surveiller
Collet dégradé, mycélium blancPourridié possibleNe pas replanter au même endroit
Les symptômes se ressemblent parfois : vérifiez toujours l’ensemble de l’arbre et son environnement.

Inspecter un olivier malade sans se tromper

  1. Observer par temps sec

    Examinez feuilles, rameaux et tronc lorsque le feuillage est sec : les taches et les insectes sont plus faciles à distinguer.

  2. Comparer les zones

    Repérez si l’atteinte touche les vieilles feuilles, une seule branche, le bas de l’arbre ou toute la couronne.

  3. Vérifier le drainage

    Grattez légèrement la surface du sol et contrôlez qu’aucune eau ne reste en cuvette au pied ou dans une soucoupe.

  4. Chercher les ravageurs

    Soulevez quelques feuilles et inspectez les jeunes rameaux pour repérer cochenilles, pucerons, miellat ou fourmis.

  5. Agir avec mesure

    Retirez d’abord les organes très atteints et corrigez la cause culturale avant tout traitement autorisé.

Œil de paon et cercosporiose : limiter les taches sur les feuilles d’olivier

L’œil de paon, la maladie foliaire la plus fréquente

L’œil de paon, provoqué par le champignon Fusicladium oleagineum, anciennement nommé Cycloconium oleagineum, dessine des taches circulaires brunes à noirâtres, souvent entourées d’un halo jaune. Elles s’observent surtout sur les feuilles adultes et peuvent entraîner une défoliation progressive lorsque les périodes humides se répètent. L’arbre survit généralement, mais produit moins de nouvelles pousses et reconstitue plus difficilement ses réserves. Des olives peuvent aussi être marquées lorsque l’attaque est forte.

Commencez par retirer au sol les feuilles les plus contaminées et évacuez-les avec les déchets verts, sans les intégrer à un compost domestique peu chaud. Taillez les rameaux qui se croisent afin que la pluie sèche plus vite, mais ne décapez pas l’arbre : une taille trop sévère déclenche des repousses tendres et fragiles. En cas d’attaques répétées, un produit à base de cuivre explicitement autorisé pour l’usage concerné peut être envisagé, uniquement selon son étiquette, ses limites d’emploi et les conditions locales. N’appliquez jamais ce type de produit sur un arbre assoiffé, en floraison ou juste avant une pluie.

La cercosporiose, plus discrète mais à surveiller

La cercosporiose se repère moins facilement : le dessus de la feuille jaunit par plages, tandis que le revers prend une teinte grisâtre ou gris brun. Elle est liée à un champignon du genre Pseudocercospora et se développe, elle aussi, dans une ambiance humide et confinée. La stratégie reste proche de celle employée contre l’œil de paon : hygiène du feuillage, ramure aérée et eau dirigée au pied. Si vous hésitez entre les deux maladies, les mesures préventives sont les mêmes et ne demandent pas de traitement agressif.

Fumagine sur l’olivier : traiter les cochenilles avant le noir des feuilles

La fumagine ressemble à une pellicule noire, mate ou légèrement grasse, déposée sur les feuilles et parfois sur les rameaux. Ce n’est pas le champignon qui blesse directement la feuille : il prospère sur le miellat collant rejeté par des insectes piqueurs-suceurs, notamment certaines cochenilles ou pucerons. Si cette suie recouvre largement le feuillage, elle réduit la lumière captée et ralentit la photosynthèse. Le noir est donc un symptôme secondaire : la priorité est de trouver l’insecte qui nourrit ce développement.

Sur un petit sujet, ôtez les cochenilles visibles avec un chiffon humide ou une brosse très souple, sans écorcher les jeunes rameaux. Une fois les ravageurs contenus, la pluie et les nouvelles feuilles font progressivement disparaître le dépôt ; vous pouvez aider avec un rinçage doux du feuillage, tôt dans la journée, si la météo permet un séchage rapide. Évitez les pulvérisations systématiques : un produit de contact autorisé ne s’emploie que sur le ravageur identifié, en respectant strictement la notice. Favorisez surtout les auxiliaires en renonçant aux insecticides non ciblés et en diversifiant les plantes fleuries autour de l’arbre.

Verticilliose et pourridié de l’olivier : réagir face aux maladies des racines

Verticilliose : un dessèchement brutal venu du sol

La verticilliose est liée à Verticillium dahliae, un champignon du sol qui pénètre par les racines et perturbe la circulation de la sève. Une branche, puis parfois une partie entière de la couronne, peut se dessécher brutalement alors que le reste de l’olivier paraît encore sain. Les feuilles deviennent ternes, grisâtres puis brunes, sans que l’arrosage ne corrige la situation. Ce tableau mérite d’être pris au sérieux, car il n’existe pas de traitement curatif fiable pour assainir un arbre et un sol infectés.

Supprimez les rameaux morts par temps sec, en coupant jusqu’au bois visiblement sain, puis nettoyez les outils avant de passer à un autre végétal. Ne broyez pas ces déchets pour les réemployer au jardin et ne replantez pas aussitôt un olivier au même emplacement si le dépérissement se confirme. Évitez aussi les cultures très sensibles, comme les tomates, pommes de terre, aubergines ou fraisiers, dans la zone suspecte. La prévention par le choix du terrain est capitale : plantez sur une terre saine, drainante, sans historique de flétrissements inexpliqués.

Pourridié : reconnaître l’armillaire sans attendre

Le pourridié est provoqué par des espèces d’armillaires, Armillaria spp., qui décomposent les racines et le bois du collet. Un olivier atteint décline lentement ou s’effondre plus vite après une période de stress ; sous l’écorce décollée, on peut parfois voir des nappes blanches et épaisses de mycélium. Des champignons couleur miel au pied du tronc en automne renforcent le soupçon, mais leur absence n’écarte pas le diagnostic. Lorsque les racines sont très touchées, la survie de l’arbre est compromise.

Chancre et galle de l’olivier : assainir le bois sans mutiler l’arbre

Les excroissances irrégulières, comparables à des verrues, sur les rameaux et les jeunes branches correspondent souvent à la galle de l’olivier, une bactériose associée à Pseudomonas savastanoi. La bactérie pénètre dans les blessures laissées par la grêle, le gel, la récolte, une taille ou un frottement. Ces galles ne tuent pas toujours l’arbre, mais elles gênent la circulation de la sève sur les petites branches et constituent des réservoirs d’infection. Elles sont particulièrement préoccupantes sur un jeune olivier en formation.

Sur une brindille ou un rameau secondaire, coupez au moins 10 à 15 cm sous la dernière galle visible, dans du bois sans déformation. Sur une charpentière, ne creusez pas profondément et ne multipliez pas les plaies : demandez l’avis d’un professionnel qualifié si l’atteinte concerne une partie structurante de l’arbre. Désinfectez le sécateur entre chaque coupe et ramassez les chutes. La meilleure défense est une taille réalisée par temps sec, hors épisode pluvieux ou gel annoncé, avec des outils nets qui écrasent le moins possible les tissus.

Un véritable chancre peut aussi prendre l’aspect d’une zone creusée, fissurée ou desséchée autour d’une ancienne blessure. Vérifiez d’abord que le problème ne vient pas d’un lien trop serré, d’un coup de tondeuse, d’un soleil hivernal intense sur une écorce fragilisée ou d’un gel tardif. Protéger le tronc des chocs et éviter les coupes inutiles limite fortement les portes d’entrée. Un arbre vigoureux cicatrise mieux, à condition de ne pas le gaver d’engrais azotés qui produisent des pousses tendres et vulnérables.

Prévenir les maladies de l’olivier selon votre sol et votre climat

L’olivier tolère la sécheresse bien mieux que l’eau immobile autour de ses racines. En sol argileux, plantez légèrement surélevé, dans une zone où l’eau s’écoule naturellement, et ameublissez largement la terre autour de la motte sans créer une cuvette étanche. En sol sableux, conservez un paillage organique léger pour freiner l’évaporation, mais laissez toujours le collet dégagé. Dans tous les cas, arrosez profondément mais espacément durant l’installation, puis laissez le sol ressuyer entre deux apports.

En climat océanique ou dans une région fraîche, choisissez l’endroit le plus lumineux et ventilé du jardin, sans enfermer l’arbre entre une haie dense et un mur. Après de longues pluies, surveillez particulièrement les taches foliaires et évitez toute taille. En climat méditerranéen, le risque de maladies du feuillage est souvent moindre en été, mais les excès d’arrosage, la poussière et les cochenilles restent à contrôler. En climat continental, protégez surtout les jeunes sujets des fortes gelées : les fissures dues au froid sont des portes d’entrée pour les bactéries.

Prévenir selon le mode de culture

Olivier en pleine terre

  • Choisir une pente douce ou une zone drainante
  • Arroser au pied pendant l’installation seulement
  • Maintenir un paillage à distance du tronc
  • Éclaircir la ramure tous les un à trois ans
  • Éviter les blessures de débroussailleuse et tondeuse

Olivier en pot

  • Employer un contenant percé et stable
  • Utiliser un substrat très drainant
  • Vider la soucoupe après chaque arrosage
  • Rempoter quand les racines saturent le pot
  • Hiverner à l’abri des pluies prolongées si possible

Maladies de l’olivier : votre plan d’action pour un arbre durablement sain

Devant un olivier malade, commencez toujours par classer le symptôme : feuille tachée, dépôt noir, galle sur le bois ou dessèchement venant des racines. Retirez les parties manifestement atteintes sans surtailler, améliorez le drainage et supprimez les causes évidentes comme une soucoupe pleine ou un paillage contre le tronc. Si le dépérissement est rapide, touche des charpentières ou s’accompagne d’un collet abîmé, évitez les essais successifs de produits et cherchez à confirmer le diagnostic. Cette méthode calme et progressive suffit à résoudre une grande part des maladies de l’olivier avant qu’elles ne compromettent sa structure.

La régularité compte plus que les traitements spectaculaires. Une observation mensuelle du feuillage, une taille sobre par temps sec et un sol qui ne reste jamais gorgé d’eau offrent à l’olivier ses meilleures conditions de défense. Gardez en tête que les maladies incurables du sol demandent parfois de renoncer à replanter au même endroit : c’est une décision frustrante, mais protectrice pour le jardin entier. En privilégiant l’hygiène, l’aération et le drainage, vous misez sur les solutions les plus efficaces et les plus respectueuses du vivant.

Votre plan d’action

  • Inspectez le dessus et le revers des feuilles, les rameaux et le collet avant toute intervention.
  • Ramassez les feuilles très tachées et évacuez-les hors du compost domestique.
  • Supprimez les cochenilles ou pucerons si un dépôt de fumagine est présent.
  • Taillez uniquement par temps sec avec un outil propre et bien affûté.
  • Écartez paillage et terre rapportée à au moins 10 cm du tronc.
  • Vérifiez l’écoulement de l’eau et ne laissez jamais de soucoupe remplie sous un pot.
  • Ne replantez pas un olivier au même emplacement après un pourridié ou une verticilliose avérée.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi les feuilles de mon olivier ont-elles des taches rondes brunes ?
Des taches rondes brunes, parfois cerclées de jaune, évoquent en priorité l’œil de paon. Cette maladie est favorisée par les pluies répétées, une ramure dense et l’eau qui reste longtemps sur les feuilles. Ramassez les feuilles tombées, aérez légèrement la couronne et évitez l’arrosage sur le feuillage. Surveillez ensuite les nouvelles feuilles pour évaluer l’évolution.
La fumagine noire sur un olivier est-elle dangereuse ?
La fumagine ne pénètre pas dans les tissus de l’olivier, mais son dépôt noir peut couvrir les feuilles et réduire leur capacité à capter la lumière. Le vrai problème est le miellat produit par des cochenilles ou des pucerons. Repérez et limitez d’abord ces insectes, puis laissez la pluie et le renouvellement naturel du feuillage nettoyer progressivement l’arbre.
Peut-on guérir un olivier atteint de verticilliose ?
Il n’existe pas de traitement curatif fiable contre la verticilliose. Vous pouvez retirer les rameaux desséchés, désinfecter les outils et éviter de déplacer la terre de la zone atteinte vers le reste du jardin. Si l’arbre dépérit fortement, ne replantez pas immédiatement un autre olivier ni des végétaux sensibles au même endroit, car le champignon peut persister longtemps dans le sol.
Quand tailler un olivier atteint de chancre ou de galle ?
Intervenez par une journée sèche, sans pluie annoncée et hors période de gel. Sur les rameaux secondaires, coupez sous les galles ou les zones chancreuses, dans du bois d’aspect sain, sans multiplier les plaies. Désinfectez le sécateur entre les coupes et évacuez les déchets. Évitez une taille radicale : elle fragilise l’arbre et crée de nouvelles portes d’entrée.
Faut-il traiter préventivement tous les oliviers à la bouillie bordelaise ?
Non. Un traitement préventif automatique n’est ni nécessaire ni souhaitable, notamment parce que le cuivre s’accumule dans le sol. Commencez par les mesures les plus efficaces : drainage, ramure aérée, ramassage des feuilles atteintes et arrosage au pied. En cas d’attaques foliaires répétées, utilisez seulement un produit autorisé pour l’usage concerné, en suivant exactement l’étiquette et les restrictions locales.
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