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La recette du purin d’orties : dosage et usages au jardin

Facile à préparer, le purin d’orties peut accompagner la croissance des plantes, à condition de respecter fermentation, dilution et saison. Voici une méthode fiable, les dosages utiles et les limites à connaître pour ne pas déséquilibrer le jardin.

11 min de lecture
Préparation de purin d’orties dans un seau couvert au jardin, avec feuilles fraîches et arrosoir
Préparation de purin d’orties dans un seau couvert au jardin, avec feuilles fraîches et arrosoir
Difficulté
débutant
Temps
20 à 30 minutes de préparation, puis 7 à 20 jours de fermentation avec 2 minutes de brassage quotidien.
Budget
0 à 15 € si vous devez acheter un seau, un filtre et un bidon de stockage.
Saison
printemps, été, automne
Sommaire de l'article 7 sections
  1. Purin d’orties : ce qu’il apporte, et ce qu’il ne fait pas
  2. Un fertilisant d’appoint, pas un traitement universel
  3. Quelles orties, eau et matériel choisir pour une recette fiable ?
  4. Le bon contenant laisse les gaz s’échapper
  5. Comment faire fermenter le purin d’orties sans le rater ?
  6. À quel moment et à quelle dilution utiliser le purin d’orties ?
  7. Adaptez le rythme au sol et au climat
  8. Quelles erreurs évitent les excès d’azote et les brûlures ?
  9. Balcon et petit jardin : dosez encore plus doucement
  10. Comment filtrer, conserver et valoriser les derniers litres ?
  11. Réussir le purin d’orties : votre plan d’action au jardin

Le purin d’orties fait partie des préparations les plus simples à réaliser au jardin, mais aussi des plus souvent mal dosées. Trop jeune, il n’a pas achevé sa fermentation ; employé pur, il peut fatiguer les racines ou marquer le feuillage. Bien conduit, il devient un apport liquide utile pour accompagner les légumes et les plantes ornementales pendant leur phase de croissance active.

La recette ne demande ni matériel sophistiqué ni ingrédient coûteux, mais elle réclame de la régularité : une récolte propre, un récipient adapté, un brassage quotidien et un filtrage précis. Vous apprendrez ici à reconnaître une fermentation terminée, à choisir la bonne dilution et à éviter l’excès d’azote. Le résultat n’est pas une potion miracle : c’est un fertilisant maison dont la composition reste naturellement variable d’un lot à l’autre.

Purin d’orties : ce qu’il apporte, et ce qu’il ne fait pas

Issu de la fermentation de feuilles et de tiges d’ortie dans l’eau, le purin contient des éléments minéraux et des composés organiques extraits de la plante. Son intérêt principal est d’apporter un coup de soutien nutritif à des végétaux qui poussent réellement, notamment les légumes-feuilles et les jeunes plantations bien installées. Sa richesse relative en azote invite toutefois à la retenue : un apport répété favorise le feuillage au détriment des fleurs, des fruits et de la maturation des tissus.

Un fertilisant d’appoint, pas un traitement universel

Le purin d’orties ne remplace ni un sol vivant, ni un compost mûr, ni un arrosage régulier. Il n’est pas non plus un insecticide fiable contre les pucerons, les acariens ou les chenilles, et il ne guérit pas une maladie déjà installée. Face à des pucerons, privilégiez d’abord le jet d’eau sur les colonies, la suppression des pousses très infestées et l’observation des fourmis ; pour une maladie, retirez les parties atteintes et améliorez l’aération du feuillage.

Purin fermenté ou macération courte : ne les confondez pas

Purin d’orties fermenté

  • Fermente jusqu’à l’arrêt des bulles, souvent 7 à 20 jours.
  • Se filtre pour obtenir une solution mère stable quelques mois.
  • S’emploie dilué comme apport nutritif ponctuel.
  • Dégage une odeur forte, normale pendant le processus.
  • Ne doit jamais être appliqué pur sur les cultures.

Macération ou infusion courte

  • Dure de quelques heures à 24 heures selon la méthode choisie.
  • S’utilise très vite et ne se conserve pas.
  • N’est pas du purin au sens strict : l’extraction est incomplète.
  • Sa composition est encore plus difficile à maîtriser.
  • Ne justifie aucune promesse de protection des plantes.

Quelles orties, eau et matériel choisir pour une recette fiable ?

Récoltez des orties saines, idéalement avant la formation des graines, lorsque les tiges restent tendres. L’ortie dioïque, Urtica dioica, convient très bien ; ne cherchez pas à arracher les racines, car une coupe des parties aériennes laisse la touffe repartir et nourrit la faune locale. Écartez les plantes poussant au bord d’une route très passante, dans une zone susceptible d’avoir été traitée ou près d’un passage fréquenté par les animaux : la qualité de la récolte conditionne celle de votre préparation.

  • 1 kg d’orties fraîches, feuilles et jeunes tiges, sans graines ;
  • 10 litres d’eau de pluie propre ou d’eau du robinet reposée à l’air libre ;
  • un seau ou une poubelle de jardin de 15 litres minimum, en plastique alimentaire, bois ou grès ;
  • un bâton non traité pour brasser, des gants, un tissu respirant et un filtre fin ;
  • des bouteilles opaques ou des bidons propres pour le stockage après filtration.

Le bon contenant laisse les gaz s’échapper

Évitez les récipients en métal nu : l’acidité du mélange et l’humidité favorisent leur corrosion. Le contenant doit être couvert pour empêcher les feuilles, insectes ou animaux d’y tomber, sans être fermé hermétiquement pendant la fermentation. Un tissu maintenu par un lien, ou un couvercle posé sans serrage, protège le mélange tout en laissant s’évacuer les gaz de fermentation.

1 kg
d’orties fraîches pour 10 litres d’eau
7 à 20 jours
de fermentation selon la température
5 à 10 %
de dilution pour l’arrosage des plantes

Comment faire fermenter le purin d’orties sans le rater ?

La température règle la vitesse du processus : autour de 18 à 22 °C, comptez le plus souvent 10 à 15 jours ; par temps frais, la fermentation peut durer près de trois semaines. Inversement, une chaleur forte accélère le mélange mais augmente l’odeur et le risque d’oubli. Plutôt que de suivre un nombre de jours rigide, fiez-vous à l’arrêt durable des bulles lorsque vous brassez : c’est le meilleur repère pour filtrer.

La recette du purin d’orties, étape par étape

  1. Récoltez et protégez-vous

    Enfilez des gants et coupez 1 kg d’orties saines, avant les graines. Prélevez par petites sections sur plusieurs touffes afin de ne pas épuiser un seul endroit.

  2. Hachez sans réduire en bouillie

    Coupez grossièrement feuilles et tiges avec un sécateur. Des morceaux de 3 à 5 cm exposent assez de surface à l’eau tout en restant faciles à filtrer.

  3. Mettez sous eau

    Placez les orties dans le récipient et versez 10 litres d’eau jusqu’à les recouvrir. Laissez au moins 3 cm de vide en haut du seau pour la mousse.

  4. Couvrez sans fermer

    Protégez l’ouverture avec un tissu ou un couvercle simplement posé. Installez le récipient à l’ombre claire, hors de portée des enfants et des animaux.

  5. Brassez chaque jour

    Remuez une fois par jour avec le bâton, en soulevant les végétaux qui flottent. Les bulles et la mousse signalent que la fermentation est active.

  6. Filtrez à la fin des bulles

    Lorsque le mélange ne bulle plus après brassage, filtrez une première fois à travers une passoire, puis une seconde fois avec un tissu fin. Transvasez alors la solution mère dans un contenant propre.

À quel moment et à quelle dilution utiliser le purin d’orties ?

Utilisez la solution mère uniquement diluée dans l’eau, sur un sol déjà humide et pendant une période où la plante pousse. Arrosez au pied le matin ou en fin de journée, sans mouiller inutilement les feuilles. Commencez toujours avec la dilution la plus basse sur quelques plants : les besoins diffèrent selon le sol, la vigueur de la culture et la richesse du compost déjà apporté.

UsageDilution de solution mèreRythme maximalPoint de vigilance
Jeunes plants établis5 % : 0,5 L pour 10 L d’eauToutes les 3 semainesTester sur quelques plants
Légumes à feuillage10 % : 1 L pour 9 L d’eauToutes les 2 à 3 semainesStopper si le feuillage fonce trop
Tomates et courges, début de croissance5 à 10 %Deux apports avant floraison marquéeNe pas suralimenter ensuite
Plantes fleuries et aromatiques5 % au besoinUne fois, puis observerÉviter l’excès d’azote
Compost en manque d’humiditéPur ou peu dilué0,5 à 1 L par apportVerser sur des matières brunes
Les volumes indiquent la quantité de solution mère ajoutée à l’eau ; un litre de solution mère complété avec neuf litres d’eau donne une dilution à 10 %.

Adaptez le rythme au sol et au climat

En sol sableux, les éléments nutritifs sont moins retenus : choisissez une dilution à 5 % et un apport espacé, plutôt qu’une dose forte. En sol argileux déjà riche ou dans un potager abondamment composté, le purin devient souvent superflu ; observez d’abord la croissance. En climat méditerranéen, n’appliquez jamais sur une terre chaude et sèche ; en climat océanique ou continental, attendez simplement une période sans gel et sans pluie battante.

Quelles erreurs évitent les excès d’azote et les brûlures ?

L’erreur la plus fréquente consiste à croire que davantage de purin donnera davantage de récolte. Un feuillage très vert, abondant et souple peut signaler un excès d’azote, surtout si les tomates fleurissent peu ou si les plantes deviennent plus sensibles au vent et aux attaques. Dans ce cas, cessez les apports liquides, arrosez normalement et laissez le sol retrouver son équilibre sans ajouter d’autre fertilisant azoté.

  • Appliquer la solution mère pure, même sur une plante robuste ;
  • arroser un plant flétri par la sécheresse au lieu de l’hydrater d’abord à l’eau claire ;
  • traiter chaque semaine sans regarder l’état réel des cultures ;
  • nourrir des semis très jeunes, dont les racines restent fragiles ;
  • pulvériser en plein soleil, sur des fleurs ouvertes ou juste avant une forte chaleur ;
  • utiliser le purin pour tenter de résoudre une carence dont la cause est un sol compacté, un excès d’eau ou un manque de lumière.

Balcon et petit jardin : dosez encore plus doucement

En pot, le substrat contient peu de réserve et les sels s’y concentrent plus vite qu’en pleine terre. Préférez une dilution de 5 %, versée sur un terreau déjà humide, à raison d’un seul arrosage fertilisant puis d’au moins deux arrosages à l’eau claire. Pour les plantes d’intérieur, les plantes grasses, les orchidées et les semis, mieux vaut s’abstenir : un fertilisant adapté et précisément dosé y est plus facile à maîtriser.

Comment filtrer, conserver et valoriser les derniers litres ?

Un filtrage soigneux évite l’obstruction d’un arrosoir à pomme fine ou d’un pulvérisateur. Laissez la préparation reposer quelques heures après le premier passage au tamis, puis filtrez de nouveau avec un tissu serré ; ne pressez pas les résidus dans un pulvérisateur. Stockez la solution mère dans un bidon opaque, rempli presque jusqu’en haut, au frais et à l’obscurité, uniquement lorsque la fermentation semble achevée.

Employez de préférence votre purin dans les mois qui suivent sa préparation, car un produit maison continue d’évoluer et sa qualité n’est jamais standardisée. Si des bulles réapparaissent, desserrez le bouchon avec précaution dans un endroit aéré et attendez avant de refermer. Les fibres retirées au filtrage et les derniers fonds dilués peuvent rejoindre le tas de compost, où ils humidifient les matières sèches ; ne versez pas de grandes quantités d’un coup dans un compost déjà détrempé.

Réussir le purin d’orties : votre plan d’action au jardin

Un bon purin d’orties se résume à une méthode régulière et à des apports mesurés. Préparez une petite quantité, observez une culture témoin et notez la dilution utilisée : vous saurez vite ce qui convient réellement à votre terre. Gardez comme priorité un sol couvert, du compost mûr et un arrosage adapté ; le purin intervient alors comme un complément ponctuel, jamais comme la base de la fertilité.

Votre plan d’action

  • Coupez 1 kg d’orties saines avant les graines et placez-les dans 10 litres d’eau.
  • Brassez chaque jour, à l’ombre, dans un récipient couvert mais non hermétique.
  • Filtrez seulement lorsque les bulles ont cessé après brassage.
  • Diluez à 5 % pour commencer, puis montez au maximum à 10 % sur les plantes en croissance.
  • Arrosez au pied sur sol humide et espacez les apports de deux à trois semaines.
  • Arrêtez en cas de feuillage excessif, de floraison en cours ou de sécheresse, puis valorisez les résidus au compost.

Vos questions, nos réponses

Combien de temps faut-il pour faire du purin d’orties ?
La durée dépend surtout de la température. Comptez généralement 10 à 15 jours autour de 18 à 22 °C, davantage lorsque le temps est frais. Ne vous fiez pas uniquement au calendrier : brassez chaque jour et filtrez lorsque les bulles ne réapparaissent plus après agitation. Une fermentation encore active ne doit pas être enfermée dans un bidon hermétique.
Peut-on mettre du purin d’orties sur les tomates ?
Oui, avec modération, surtout au début de leur croissance, lorsque les plants développent tiges et feuilles. Diluez à 5 %, éventuellement à 10 % sur un sol pauvre et après un essai concluant. Limitez-vous à deux apports avant une floraison marquée, puis privilégiez un arrosage régulier et un sol paillé : trop d’azote favorise le feuillage au détriment des fruits.
Le purin d’orties élimine-t-il vraiment les pucerons ?
Non, il ne faut pas compter sur lui comme solution fiable contre les pucerons. Une préparation fermentée maison n’offre pas une action insecticide prévisible. Commencez plutôt par déloger les colonies avec un jet d’eau modéré, retirez les pousses très envahies, surveillez les fourmis et préservez les auxiliaires naturellement présents au jardin.
Pourquoi mon purin d’orties sent-il aussi fort ?
L’odeur est une conséquence normale de la fermentation. Installez le récipient à l’ombre, loin des ouvertures et des lieux de passage, et couvrez-le avec un tissu ou un couvercle non étanche. Un brassage quotidien aide à suivre l’évolution du mélange. Une fois filtré et la fermentation terminée, stockez-le au frais dans un contenant opaque.
Peut-on utiliser le purin d’orties pur ?
Non. La solution mère doit être diluée avant tout usage sur les plantes : commencez à 5 %, soit 0,5 litre de purin pour 9,5 litres d’eau, et ne dépassez pas 10 % pour un arrosage ponctuel. Utilisé pur, il peut déséquilibrer le substrat, fatiguer les racines et provoquer des marques sur le feuillage si celui-ci est touché.
Comment utiliser les orties restantes après le filtrage ?
Ajoutez les résidus au compost, en les mélangeant à des matières structurantes et sèches comme des feuilles mortes, des brindilles broyées ou du carton brun déchiqueté. Évitez d’en faire une couche compacte, qui manquerait d’air. Si votre compost est déjà très humide, laissez d’abord égoutter les résidus et incorporez-les en petite quantité.
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